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D'où viennent les bine-bine et que symbolisent-ils ?

Illustration de l'article « D'où viennent les bine-bine et que symbolisent-ils ? »
Illustration Keur Désir (créée par intelligence artificielle).

En bref : Les bine-bine sont des rangs de perles portés autour de la taille, sous les vêtements, dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest. Offerts dès l'enfance, ils accompagnent les âges de la vie d'une femme et symbolisent la féminité, le passage à l'âge adulte et la discrétion. Aujourd'hui, on les choisit pour leurs couleurs, leur matière et le plaisir de perpétuer une tradition.

Les produits de cet article

Une parure aux noms multiples

Au Sénégal, on les appelle bine-bine (ou bin-bin) : des rangs de perles fines, enfilées sur un fil, que l'on noue autour de la taille et que l'on porte sous les vêtements. En France, vous entendrez aussi très souvent le mot baya, que l'on rattache plutôt aux pays mandingues, comme le Mali ou la Guinée. Les deux désignent la même famille de bijoux : les perles de taille.

La tradition sénégalaise distingue encore les dial-diali (ou dial-dialy) : des perles plus grosses, souvent en bois, portées plus bas, sur les hanches, et traditionnellement associées aux femmes plus mûres. Leur nom imite le petit bruit qu'elles font à chaque pas. Les bine-bine, plus fins, étaient d'abord la parure des jeunes filles.

Ces bijoux font partie d'un ensemble plus large, celui du djongué, l'art sénégalais de plaire et de prendre soin de soi, que nous avons présenté dans notre article Qu'est-ce que le djongué ?.

Une tradition ouest-africaine

Les perles de taille ne sont pas propres au Sénégal. On les retrouve, sous d'autres noms et avec d'autres usages, dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest. Chez les Yoruba du Nigeria, elles accompagnent le passage de la jeune fille à l'âge adulte, et l'on remplace les rangs devenus trop petits à mesure qu'elle grandit. Au Ghana, chez les Krobo, réputés pour leur savoir-faire de perliers, les perles portées au cou, aux chevilles et à la taille ont une place centrale dans le dipo, le rite qui marque l'entrée des jeunes filles dans la vie de femme.

L'histoire de la perle elle-même est très ancienne sur le continent. À Ifé, au Nigeria, les archéologues ont mis au jour les traces d'une fabrication locale de perles de verre, preuve d'un savoir-faire africain qui n'attendait pas les comptoirs européens. Il faut rester prudent, en revanche, sur les dates précises que l'on lit parfois sur internet à propos des bine-bine eux-mêmes : elles sont rarement sourcées, et nous préférons ne pas les reprendre.

Au Sénégal, la tradition commence tôt. Les reportages consacrés au sujet racontent qu'on noue parfois un premier rang de perles autour des hanches des petites filles, comme un premier cadeau de femme. Le bijou les accompagne ensuite à chaque étape de la vie.

Ce que symbolisent les bine-bine

Les significations varient selon les familles et les régions, mais quelques grandes idées reviennent.

  • La féminité et le passage des âges. Les perles changent avec la femme : fines pour la jeune fille, plus lourdes pour la femme accomplie. Les porter, c'est appartenir à une lignée de femmes.
  • La discrétion. Les bine-bine se portent sous les vêtements. Ils ne sont pas faits pour être exhibés, et c'est précisément ce qui leur donne leur charme. On retrouve ici la sutura, la pudeur si chère à la culture sénégalaise.
  • La séduction, dans le couple. Le léger tintement des perles fait partie de l'art du djongué. Il signale une présence, sans un mot.
  • La protection. Dans certaines traditions, on prête aux perles un rôle protecteur. C'est une croyance que l'on respecte comme telle, sans en faire une promesse.

Les perles ne sont d'ailleurs pas seulement à regarder ou à écouter. Les femmes les parfument volontiers : on laisse les dial-diali s'imprégner d'encens, et certains mélanges sont réputés servir précisément à parfumer les perles. Le bine-bine rejoint alors le thiouraye, dans un même rituel de senteurs.

Bien les choisir aujourd'hui

Les bine-bine se déclinent aujourd'hui dans toutes les matières : plastique coloré, céramique, verre, cristal, bois, parfois agrémentés de cauris. Les modèles fluorescents ont beaucoup de succès au Sénégal. Pour un premier achat, quelques repères simples :

  • Le fil. Un fil élastique est plus facile à enfiler et à retirer ; un fil de coton noué se garde plus longtemps et se porte de façon plus traditionnelle.
  • La longueur. Mesurez votre tour de taille à l'endroit où vous souhaitez porter les perles, sans serrer. Un rang doit tenir sans marquer la peau.
  • Les couleurs. Il n'existe pas de code universel : choisissez celles qui vous plaisent, ou celles que portait votre mère.
  • Le nombre. Un seul rang suffit pour commencer. Beaucoup de femmes en superposent plusieurs, de couleurs et de tailles différentes.

Méfiez-vous en revanche des vendeurs qui promettent un effet sur la silhouette ou sur la santé : les bine-bine sont des bijoux, et leur valeur tient à leur beauté et à leur histoire.

Pour vous lancer, parcourez notre rubrique Bine-bine et baya et nos sélections Top 10. Les perles font aussi un très joli cadeau, seules ou accompagnées d'un encens : voyez nos coffrets et idées cadeaux. Et pour tous les mots wolof de cet article, rendez-vous dans le lexique.

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